du merveilleux en littérature, essai de généalogie littéraire, suite

Du merveilleux en littérature, essai de généalogie littéraire, suite.

 

 

Je voudrais à présent aborder la question du merveilleux en littérature, en particulier l’influence qu’ont pu avoir sur moi les contes et légendes lus dans l’enfance ainsi que les écrits des auteurs que l’on range souvent dans l’école du réalisme magique, à savoir Henri Pourrat, André Dhôtel et Henri Bosco.

 

 

Petite, pendant mon adolescence et mon jeune âge adulte, je vivais seulement dans et pour les œuvres qui sollicitaient mon imaginaire, l’enflammaient, comme les contes et légendes et les mythologies diverses et variées.

 

Quand j’étais tout enfant, mon père nous  racontait parfois des contes de Perrault ou des frères Grimm et j’adorais ça. Nul doute que cela a contribué largement à mon goût, toujours actuel, pour le merveilleux et la féérie.

 

Un jour, je devais avoir 7 ou 8 ans, ma mère ramena un livre à la ma maison, Contes et légendes de l’antiquité grecque et romaine, un livre de la collection Nathan sur les contes et légendes, à couverture blanche et ce fut une révélation ! Un monde entier s’ouvrait à moi, un monde fait de créatures magiques, d’aventures fabuleuses et paysages oniriques, un monde selon mon cœur. Enfin, j’avais trouvé une terre d’appartenance !

 

Depuis lors, mes parents m’offrirent à chaque Noël, fête ou anniversaire un livre de cette collection, ainsi que celle des éditions Gründ. Je vivais en esprit dans ce monde et légendes, mon corps n’étant présent qu’en apparence dans le monde réel. A chaque récit, j’étais le chevalier, le preux, le héros qui allait délivrer la princesse et combattre les monstres, je vivais en imagination des aventures fabuleuses, des épopées incroyables, je rencontrais des êtres fabuleux et magiques, bref, j’étais bien, heureuse, au milieu de ceux que je ressentais comme des pairs et des frères.

 

Plus tard, adolescente et jeune adulte, je découvris des ouvrages littéraires qui baignaient aussi dans une certaine atmosphère de féérie, entrecoupée d’éléments réels, c’est ce que l’on appelé le « réalisme magique », au nombre desquels, on peut compter notamment André Dhôtel[1], Henri Bosco[2], Henri Pourrat[3], autant d’auteurs injustement méprisés et oubliés de nos jours.

Leurs livres étaient empreints d’un certain côté merveilleux, voire fantastique, tout en s’inscrivant dans un cadre de vie actuel, qui faisait apparaître l’ordinaire extraordinaire et savaient débusquer le côté magique des choses là où l’on ne l’attendait pas. Ah que de journées et de soirées délicieuses j’ai passé à lire et à relire L’âne Culotte, Le ciel du faubourg ou Gaspard des Montagnes. Ces livres ont vraiment enchantés mes 20 ans et quand j’écris un conte ou un roman, je me sens souvent dans la filiation de ces auteurs.

 

Je recherche, moi aussi, dans chacune de mes œuvres, photographiques, poétiques ou de romans et de contes, à faire jaillir le merveilleux du quotidien, à faire sentir combien notre monde et notre environnement peut être porteur de magie et de féérie pour qui sait le regarder et le comprendre, je me sens parfois un peu comme une chamane du XXI ème siècle.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Dh%C3%B4tel

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bosco

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Pourrat

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