plaidoyer pour le patrimoine sonore

Plaidoyer pour le patrimoine sonore

 

Lorsque j’écoute la radio, lorsque que j’observe mes contemporains dans leurs activités quotidiennes, je me rends compte à quel point l’écoute du monde environnant, je veux dire une écoute réelle, participante et engagée a peu de place.

A la radio, il y a un fond musical uniforme en général, qui tient plus de la muzak[1] que d’autre chose. Les émissions qui se préoccupent d’ouvrir les oreilles des auditeurs vers des horizons plus variés, à la découverte des musiques du monde par exemple, comme dans l’émissions Ocora, couleurs du monde sur France musique, ou bien celles qui s’intéressent à restituer l’ambiance sonore d’un lieu particulier, comme l’a fait pendant des années l’émission Le pays d’ici, sur France Culture, sont bien rares et souvent menacées.

Et quand à pratiquer une écoute plus attentive et engagée de l’environnement qui nous entoure, pour bien de nos concitoyens, cela relève bien souvent de l’inconcevable, voire de l’inouï au sens premier du terme. Bien au chaud derrière les prothèses auditives que constituent leurs mp3 vissés sur leurs oreilles, ils circulent dans la vie, inconscients que, précisément, cette vie leur échappe pour la plus grande part. Je reste persuadé qu’ils n’imaginent pas une seule seconde qu’en dehors de la muzak diffusée à plein dans leurs oreilles par les mp3, il y a tout un monde, sonore, qu’ils ignorent, voire qu’ils méprisent.

 

C’est pour cela que des initiatives, telle celle de Gilles Malatray[2], qui à travers des projets tels que les « points d’ouïe » et les « parcours audio sensibles », ou bien celles du GMVL, avec le projet européen, «  le paysage sonore dans lequel nous vivons [3]», qui regroupent plusieurs structures du nord de la Méditerranée, sont vraiment à saluer et à encourager.

En amenant les personnes à prendre en compte de la richesse et de l’importance du monde sonore qui les entourent, et de sa valeur patrimoniale qui nous concernent tous, ces initiatives permettent d’envisager un vivre-ensemble soucieux des autres et de l’environnement, sans parler du travail des audionaturalistes, qui visent à nous faire mieux appréhender et par là à nous faire mieux protéger la biodiversité dans son ensemble.

C’est en cela que le travail des audionaturalistes, tel Fernand Deroussen, qui avec sa structure Naturophonia[4], sillonne inlassablement la planète pour nous faire entendre les merveilles qu’elles recèlent. Ce travail de Fernand Deroussen et de ses collègues devraient être mieux connu et partagé, car ils nous ouvrent vers une dimension de notre monde, trop souvent méconnue, et permettent, par cette connaissance même, la prise de conscience de  la nécessité de protéger notre patrimoine naturel, si gravement menacé, à l’heure actuelle.

 

Pour l’instant, la sauvegarde et la prise en compte de notre patrimoine et de notre environnement sonore ne semble encore pas vraiment à l’ordre du jour, tellement, de partout dans notre quotidien et à la radio, c’est le règne omniprésent de la musique préfabriquée et formatée. Mais je ne désespère pas qu’à force de multiplier les initiatives et les projets de découvertes de notre environnement sonore, des graines finissent par germer et des oreilles et des cœurs s’ouvrirent enfin sur notre monde tel qu’il est, dans toute sa richesse et sa diversité. C’est en tout cas, le vœu que je forme pour l’avenir.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Muzak

[2] https://desartsonnantsbis.com/

[3] http://paysagesonore.eu/

[4] https://naturophonia.jimdo.com/

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